La patine, c'est le changement de couleur et de surface que le cuir pleine fleur développe au fil des mois d'usage : il fonce, il prend un éclat discret là où les mains et les vêtements le touchent, et la teinte devient inégale d'une façon qui raconte comment vous le portez. Ce n'est pas de l'usure. L'usure retire de la matière ; la patine transforme celle qui est déjà là.
Qu'est-ce qui provoque la patine ?
Trois choses, à peu près dans cet ordre. Les huiles, celles de vos mains et de l'air, qui pénètrent le grain et le foncent. La lumière, les UV en particulier, qui déplacent nettement la teinte d'un cuir tanné végétal en quelques semaines. Et le frottement, qui polit les reliefs du grain et laisse les creux mats.
Cette combinaison explique qu'un sac développe une bande plus foncée et plus brillante exactement là où l'avant-bras s'appuie, et que le fond fonce avant les côtés.
Combien de temps cela prend-il ?
Le premier changement visible arrive après deux à quatre semaines d'usage régulier. La couleur se stabilise vers six mois. Au bout d'un an, le sac est reconnaissablement le vôtre plutôt que celui de la photo, et ensuite il évolue lentement plutôt que brutalement.
Les cuirs clairs le montrent le plus vite. Un cognac ou un naturel se déplacera de plusieurs tons ; un sac noir développera de l'éclat et de la souplesse plutôt qu'un changement de couleur.
Peut-on l'accélérer ou la ralentir ?
On peut l'accélérer en se servant du sac et en le laissant voir la lumière du jour, et c'est la seule méthode qui mérite d'être recommandée. Les conseils qui circulent, huile d'olive ou rebord de fenêtre ensoleillé pendant une semaine, produisent des taches plutôt qu'une patine : ils appliquent d'un coup et de façon inégale ce que le temps applique progressivement.
On peut la ralentir en gardant le sac dans sa housse à l'abri de la lumière, ce qui vaut entre deux usages et ne vaut pas à la place de l'usage.
Tous les cuirs patinent-ils ?
Non. Il faut une surface capable d'absorber : cela arrive aux cuirs pleine fleur et tannés végétal, et pratiquement pas aux cuirs pigmentés ou fortement corrigés — ceux-là ont un film scellé sur le dessus, et un film n'absorbe pas une huile.
C'est la raison concrète pour laquelle la question du pleine fleur contre la fleur corrigée compte. Un sac en fleur corrigée ne développera pas ce pour quoi on achète du cuir.
Et le daim ?
Le daim ne patine pas au même sens. Il s'aplatit et se lustre là où on le manipule, ce qui se lit comme un brillant sur le poil plutôt qu'une profondeur dans la couleur. Le brossage relève le poil : c'est une surface qu'on entretient, pas une surface qui s'accumule.

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